KATINKA LAMPE And CORINNE MERCADIER At Galerie Les filles du calvaire In Paris

KATINKA LAMPE SLASH
KATINKA LAMPE
SLASH

Katinka Lampe, a Dutch artist, is pursuing a remarkable career, filled with many exhibitions and groups of paintings that combine a striking modernity, through her style and subjects choices, with the heritage of the history of painting and the portrait genre – to which the current Dutch scene contributes several worthy representatives, whether for painting or photography.

This spring 2016, with Les filles du calvaire new exhibition and her solo show presented simultaneously at the Grand Palais for ART Paris, Katinka Lampe looks to once again shake up the art of portrait painting by creating two new collections. The solo show is presented as a series and draws inspiration from classical portraits as well as fashion or cinematographic imagery. As a whole it is designed like a theater set where mannerist icons emerge, their accessories (masks, tights or veils) connecting back to today’s everyday life. The experience offers surrealist reminiscences while some stylistic quirks remind of the whimsy in a certain chic and rock Anglo-Saxon culture, up to Alexander McQueen’s punk ambivalence.

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Katinka Lampe, artiste néerlandaise, poursuit une carrière jalonnée de nombreuses expositions et ensembles picturaux qui associent une surprenante contemporanéité, de par son style et ses sujets, à une filiation avec l’histoire de la peinture et le genre du portrait – dont la scène hollandaise contemporaine englobe plusieurs de ses dignes représentants tant en peinture qu’en photographie.

La nouvelle exposition à la galerie Les filles du calvaire et son solo show, présenté en écho au Grand Palais, pour ART Paris, Katinka Lampe va à nouveau bousculer l’art du portrait en créant deux nouveaux corpus. Le solo show est présenté telle une série et s’inspire aussi bien de portraits classiques que d’images de mode ou cinématographiques. L’ensemble est conçu comme une scène de théâtre d’où surgissent des icônes maniéristes, dont les accessoires (masques, collants ou voiles) font le lien avec la vie quotidienne contemporaine. L’atmosphère qui s’en dégage est teintée de réminiscences surréalistes tandis que certains décalages stylistiques ne sont pas sans rappeler le fantasque d’une certain culture chic et rock anglo-saxonne à l’image de l’ambiguïté punk d’Alexander Mc Queen.

CORINNE MERCADIER Le ciel commence ici
CORINNE MERCADIER
Le ciel commence ici

Corinne Mercadier evokes fascination, at once poetic, joyful and childlike. In her work, the sky’s “response” begins to evoke a decisive element in the artist’s work: as she looks for a topographical point of view, but certainly, also existential. The sky is a crucial part in the work of this photographer: constellations, the symbolic organization of a disturbing interstellar space. She has said that her images are subjects of reverie that have fed her photographs and drawings for a long time. A sort of poetry that could be described as Bachelard, for Corinne Mercadier, the air is not empty, neither invisible nor nonexistent. On the contrary it has materiality. In the world of Corinne Mercadier, objects are thrown, spheres through space, geometric figures tattooed into the ground, while the dancers move, motionless.

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Cette position en hauteur, Corinne Mercadier en évoque la fascination, à la fois poétique, jubilatoire et enfantine. Et la “réponse” le ciel commence ici évoque un élément décisif dans la démarche de l’artiste : la recherche d’un point de vue topographique, certes, mais aussi existentiel. Le ciel revêt une part déterminante dans le travail de la photographe: des constellations, de l’organisation symbolique des inquiétants espaces intersidéraux, elle dit volontiers que ce sont des sujets de rêverie qui nourrissent ses photographies et ses dessins depuis longtemps. Une poétique que l’on pourrait qualifier de bachelardienne : car pour Corinne Mercadier, l’air n’est pas le rien, ni l’invisible, ni l’inexistant. Tout au contraire il est doté de matérialité. Dans le monde de Corinne Mercadier, des objets sont lancés, des sphères traversent l’espace, des figures géométriques tatouent le sol, tandis que des danseurs bougent, immobiles. Hiératiques et fluides. Dans les objets suspendus en l’air comme dans ceux qui volent en pleine vitesse, se croisent l’instant et la durée: ainsi se joue l’essence même de l’acte photographique.

Ces objets sont confectionnés par l’artiste elle-même. Des ballons de plastique peint et des assemblages de balles en polystyrène évoquent des constellations, un icosaèdre en ruban blanc rappelle Dürer et son rapport à la connaissance. Tous, malgré leur familiarité et leur netteté dans l’image, incarnent un mystère. C’est la construction rigoureuse du projet de mise en scène combinée aux effets du hasard de la prise de vue qui en font des objets célestes. Quant aux modèles, ce sont la plupart du temps des danseurs professionnels. Autre paradoxe : même immobiles, ils dansent. Dès lors, deux temporalités se croisent : celle du corps des danseurs, régie par l’artiste; et celle des objets, soumise à l’inverse au hasard des lanceurs, des vents ou des modifications de la lumière. La photographie sera là, existera, et sera gardée, élue, précisément quand sujets, objets, actions et décors permettront à l’ensemble des éléments de se synthétiser en une seule image, absolument nécessaire, comparable à nulle autre – tel l’alignement des planètes. Car le vocable qui revient souvent chez Mercadier est bien celui, filmique, de scènes : il s’agit de construire des scènes qui articulent des architectures, des danseurs et des objets. Non pas une pièce de théâtre, ni une chorégraphie, ni un film à proprement parler : la continuité temporelle ne convient pas à la photographe. Non, ce qu’elle tente de faire, c’est d’essayer de s’approcher à plusieurs d’un lieu inexploré. Ou encore, en d’autres termes: Concentrer les efforts de perception pour capter une image que ce lieu pourrait renvoyer. Non pas une vision du monde, une trop emphatique Weltanschaung, mais plus exactement une forme d’autoportrait de la pensée. Ou, pour le formuler autrement : l’artiste s’attache à définir quelque chose comme un champ magnétique.

KATINKA LAMPE and CORINNE MERCADIER: Deux expositions personnelles
Exhibition Dates: March 18 through April 30, 2016; Du 18 mars au 30 avril
Opening Reception: Thursday, March 17, 2016 from 6pm – 9pm; Jeudi 17 MARS de 18h à 21h

Galerie Les filles du calvaire
17 Rue des Filles du Calvaire, Paris, France
Paris 75003
France

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